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Ne rentre pas trop tard

Muriel Keuro chez FLAMMARION 

Être mère pour le meilleur et pour le pire.
Être mère amour, inconditionnel. Pour toujours mon amour. 

Ce témoignage est essentiel.
Sur plusieurs plans.

Celui du malade.
Pour dire les maux. La maladie. Mélancolie.
Et les troubles addictifs. L alcoolisme, la drogue. La perte de soi. L'estime et la culpabilité. La détresse vécue. 
Sans remède.
Le suicide comme échappatoire. Délivrance.

Celui des parents et de l'entourage.
Cette exclusion médicale quand l'enfant devenu à peine majeur décide et exclut.
Quand les médecins taisent sous secret professionnel.
Le manque de soutien et le peu de propositions et de choix pour hospitaliser. Aider. Palier l'existence insoutenable.
La solitude et le huis clos des familles.
Désespérance.

Dans ces mots, une vie qui s'échappe. Cordon brisé avec la mère balise. Nourricière. La terre mère. Impuissante.
Aimante et enrobante. 
En soutien toujours pour écouter. Recevoir. Délester. 

Sa chair. Son enfant. 
Dans ses plaies existentielles.
Impalpables.

Le cercle vicieux des phases. 
Le sursaut de vie. La trêve addictive. Un temps la résilience et l'espoir.
Et puis reviennent les démons. L'impossible refus du corps à dire non aux ivresses désespérées. 
Derrière il y a l'enfance perdue. Vécue comme un drame de plus. Existentiel.
Des trauma tus.

En ces temps covid où la jeunesse est malmenée et isolée, subit de plein fouet la crise, les urgences psy sont surchargées de maux et de patients de plus en plus jeunes. 

En parler, témoigner, c'est rompre le silence et la solitude.
C'est Être ensemble.
Dans cette traversée dramatique des psychismes malades. 

Ça n'arrive pas qu'aux autres.
Malgré tout l'amour et le soutien.
Une bascule.
Celui que l'on serrait petit, souriant et vivant, devient ombre et trépas.

Les mots de l'autrice sans pathos alternent aussi parfois avec de la poésie. Comme une berceuse enfantine. Rassurante.
Mon tout petit...Chut...

Un mauvais rêve.
Un cauchemar.
Identitaire. Personnel. Familial. Mais soçiétal aussi quand on voit le manque de places pour hospitaliser en temps réel. Le manque de choix aussi. 
La contrainte. Les traitements lourds.
Et vole dans la nature dans les soirs .

(En librairie depuis mars 2021.)

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